Lab & Culture du Mouvement

PREMIERS PAS

Deux références dans le secteur de la motion capture sont Etienne Jules Marey (France) et Eadweard Muybridge (USA), qui ont commencé leurs recherches à la fin du 19ème siècle. Utilisant le résultat de leurs travaux sur la chromatographie, les deux inventeurs ont tracé le chemin jusqu’à l’invention du cinéma. Toutefois à cette époque, les images étaient en deux dimensions et donc incomplètes et impossibles à utiliser pour des mesures quantitatives précises comme la motion capture peut le faire maintenant.

Tout a commencé par un débat artistique. Les peintres ont représenté des chevaux galopant sans jamais que leurs sabots ne touchent le sol. La question était de savoir si c’était une représentation fiable ou non. Dans l’optique de prouver que c’était le cas, les deux inventeurs ont poussé plus loin leurs recherches pour répondre à la question. Muybridge a rassemblé plusieurs photographies sur une seule feuille photographique. Ces photographies ont été prises dans un laps de temps assez court pour être capable de “lire” le mouvement et de montrer clairement qu’à un instant, le cheval ne touchait pas le sol. En même temps en France, Marey utilisait une autre méthode plus technique avec des tuyaux et petits coussins en caoutchouc montés sur les sabots des chevaux. Il est aussi arrivé à la même conclusion : il y a un instant de suspension dans les airs. Quand les inventeurs se sont finalement rencontrés, Marey a adopté le système photographique de Muybridge et a continué de le perfectionner, créant les premières caméras qui pouvaient enregistrer du mouvement. Il a fallu quelques années de plus, et un apport complètement différent de la technologie des machines à coudre, pour que les frères Lumière à Lyon construisent leur premier projecteur de film et inventent “l’expérience du cinéma” avec à la fois une caméra et un projecteur. L’objectif principal de Marey et Muybridge était d’améliorer leur compréhension du mouvement humain ou animal. Ce faisant, ils ont inventé la caméra et effectué le premier pas d’un long chemin dans l’histoire du cinéma.

 

L’ESSENCE DU MOUVEMENT

Notre travail porte entièrement sur le mouvement et son essence. Cette essence du mouvement est donnée aussi bien à travers la qualité de performance et d’enregistrement, qu’à travers la restitution du mouvement sur un modèle 3D et son rendu. Toutefois, les résultats ou le niveau de qualité du mouvement enregistré même après sa restitution, dépendent grandement de la manière dont nous, en tant qu’êtres humains, percevons le mouvement. Nous avons plusieurs sens de mouvement qui sont profondément ancrés dans nos capacités cognitives (ref. Pr A. Berthoz “The sense of Movement”).

Chez MocapLab, nous prenons aussi en compte la perception du mouvement dans le but de réaliser efficacement notre travail. La perception du mouvement est au cœur du résultat final observé et explique en partie pourquoi “mouvement” et “émotions” sont aussi fortement connectés.